Voyage d’un bonnet rouge

Aujourd’hui, direction le Paris révolutionnaire! Enfin… C’était un autre siècle, un autre millénaire. La prison de la Bastille, détruite en 1789, tout comme le bonnet rouge phrygien en sont les symboles. Nous sommes bien dans le 11ème arrondissement, qui fut également le lieu de révoltes ouvrières durant le XIXe siècle. Le 11ème s’étend essentiellement des places de la Bastille à celles de la Nation et de la République. Prêt? Alors, en avant, marche, tout en suivant le guide!

Le 11ème arrondissement est divisé en 4 quartiers administratifs :

  • Quartier de la Folie-Mélincourt
  • Quartier de Saint-Ambroise
  • Quartier de la Roquette
  • Quartier de Sainte-Marguerite

Le 11ème est l’arrondissement idéal si vous souhaitez écouter de la musique, boire un verre, danser, bref, sortir et vous amusez. Avec l’Opéra Bastille, le Gibus, le Balajo (inauguré en 1935 par Mistinguette) ou encore le Bataclan. En ce qui nous concerne, notre amusement va être tout autre.

Débutons cette journée entre les stations de métro Couronnes et Goncourt, rue Desargues.
Girard Desargues (1593 – 1662) a fondé une branche des mathématiques appelée géométrie projective, qui consiste à modéliser tout ce qui concerne la perspective et l’horizon. Ce mathématicien français a écrit de nombreux traités et fut également architecte. Les Lyonnais lui doivent d’ailleurs la façade de l’hôtel de ville ainsi que l’hôtel de l’Europe.

Ni une ni deux, nous voici dans la rue PasteurLouis Pasteur (1822 – 1895), célèbre chimiste et physicien, est le fondateur de la microbiologie (= étude des microbes). Il met ainsi en évidence le rôle de ces micro-organismes dans la fermentation. En effet, suite à de nombreuses recherches menées sur ses propres vignes, Pasteur découvre que les levures sont des microbes responsables de ce processus chimique. Cette découverte le conduit alors à mettre au point une méthode de conservation : la pasteurisation.
Après avoir découvert la bactérie du staphylocoque, son intérêt pour les maladies infectieuses, les épidémies et les contagions, redouble d’intensité, et il met au point le vaccin contre la rage. Suite à cette découverte retentissante, l’Institut Pasteur est inauguré en 1888.

Prenons à présent le chemin qui mène au Cimetière du Père Lachaise. Sur la route, nous passons à côté de la rue Villermé, du nom de Louis René Villermé (1782 – 1863), médecin dans les armées Napoléoniennes. Il abandonne son métier en 1818 pour se consacrer à la rédaction d’une série de mémoires sur la famine, la guerre et la santé des prisonniers. Il étudie également les questions liées aux inégalités sociales. Il attire l’attention sur les conditions de travail des ouvriers des manufactures au XIXe siècle, ce qui fit de lui le pionnier de la médecine du travail.

Quelques mètres plus loin se trouve la rue Félix Voisin, faisant référence de nouveau à un médecin du XIXe siècle, Félix Voisin (1794 – 1872), spécialiste du traitement des maladies mentales. Il a consacré de nombreux travaux aux méthodes d’éducation des « déshérités de l’intelligence ». Il est l’auteur de plusieurs ouvrages et dans son traité « Analyse de l’entendement humain », il décrit trois grandes facettes des fonctionnalités humaines : la morale, l’intelligence et le plaisir. Il est le fondateur d’une maison de santé à Vanves (92).

Proche de la station Voltaire, dont nous nous rapprochons, se trouve la rue Auguste Laurent. Chimiste, Auguste Laurent (1807 – 1853) a découvert de nombreux composés chimiques. Il a également développé la notation atomique, c’est à dire :
matière = atomes = noyau+électrons = protons+neutrons+électrons.
La notation atomique permet de savoir simplement et rapidement de combien de protons, neutrons et électrons est composé un atome.

Continuons à présent dans la rue Japy, rendant hommage au mécanicien Frédéric Japy (1749 – 1812), pionnier de l’industrie moderne. Il impose les machines-outils comme mode de production ce qui révolutionnera le monde traditionnel de la fabrique d’horloges. En effet, il considérait que produire mécaniquement l’ensemble des pièces qui entraient dans la composition des montres, permettrait un gain considérable de temps et d’argent. Il fonde sa propre fabrique en 1777 et se pose comme le principal initiateur de la fabrication mécanique de montres.

Nous allons maintenant prendre la voie nommée Villa Nicolas de Blégny. Nicolas de Blégny (1652 – 1722), médecin et chirurgien, a écrit de nombreux ouvrages et fonda une maison de santé qui n’existe plus à l’heure actuelle. Il fit une fulgurante ascension sociale puisqu’il fut nommé médecin du roi Louis XIV ainsi que chirurgien de la reine Marie-Thérèse d’Autriche.
Restons dans le domaine médical et rejoignons la rue Trousseau. Proche de l’ancien hôpital Armand Trousseau, cette rue a pris ce nom en l’honneur du médecin Armand Trousseau (1801 – 1867). Il est l’un des premiers à pratiquer la trachéotomie sur une fillette de 4 ans : « Encore une petite fille de quatre ans sauvée. [...] Pour fermer la plaie, le procédé est joli : deux morceaux de taffetas d’Angleterre, de cette largeur et de cette grandeur ; à l’une des extrémités une sorte d’agrafe. ». Il sera confronté à des épidémies telles que la fièvre jaune et le choléra et sera considéré comme l’un des plus grands praticiens de son temps.

Michel-Eugène Chevreul (1786 – 1889) donne son nom à la rue Chevreul. Il travailla plusieurs années au côté du chimiste Louis-Nicolas Vauquelin. A cette époque, la plupart des chimistes s’intéressent à la chimie organique. Michel Chevreul, lui, va se consacrer à l’étude des corps gras. Il explique ainsi la théorie de la saponification, réaction chimique qui permet la fabrication de savon. Il étudiera également les couleurs et deviendra directeur du Muséum d’Histoire Naturelle pendant plus de vingt ans.

Nous voici sur le point de finir notre visite dans les rues du 11ème.
Avant de vous laisser partir découvrir les charmes de cet arrondissement, finissons par la rue Jacquard, qui rend hommage à Joseph-Marie Jacquard (1752 – 1834), grand mécanicien et inventeur, entre autre, du métier à tisser qui porte son nom : le métier Jacquard. Équipé d’un mécanisme sélectionnant les fils à l’aide d’un programme inscrit sur des cartes perforées, son métier est ainsi capable de déterminer le motif qui va ensuite être tissé. Une seule personne est alors nécessaire pour manipuler le métier Jacquard.

Nous voici arrivés au terme de notre excursion dans le 11ème. Je vous libère et vous laisse aller profiter de la vie de cet arrondissement!

Amélie Cabasse

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