Sur les bords de notre si beau bassin

Reliant le canal de l’Ourcq au canal Saint-Martin, je vous donne rendez-vous pour cette fin d’année 2013, sur les bords du bassin de la Villette pour poursuivre notre tournée scientifique. Il n’y a plus de secret pour vous, nous sommes dans le 19ème arrondissement. Paré pour l’aventure? Alors, suivez le guide!

L’arrondissement du 19ème est divisé en 4 quartiers :

  • Quartier de la Villette
  • Quartier du Pont-de-Flandre
  • Quartier de l’Amérique
  • Quartier de Combat

Envie de promenade au vert? Le parc des Buttes Chaumont et le parc de la Villette vous attendent. Envie de musique? La Cité de la Musique vous ouvre ses portes. Envie d’un ciné? Direction le complexe MK2. Envie de culture scientifique? Alors, c’est parti pour une visite à la Cité des Sciences et de l’Industrie!
De mon côté, je vous propose une toute autre distraction…

Débutons par la rue Archereau, empruntant son nom au physicien Henri Adolphe Archereau (1819 – 1893), qui a vécu plus de 50 ans dans ce quartier de la Villette.
La pile vient tout juste d’être importée en France. Archereau voit aussitôt les capacités de cette nouvelle force pour produire de la lumière. Après diverses recherches, c’est chose faite! Grâce à une batterie de 50 piles, il réussit à éclairer son appartement, mais pas seulement ; la lumière était suffisamment puissante pour éclairer une partie de son quartier. Des badauds curieux s’amassent sous ses fenêtres et la nouvelle arrive rapidement aux oreilles du préfet de l’époque, qui propose alors au physicien de faire une démonstration de sa nouvelle invention sur la place de la Concorde, devant le roi Louis-Philippe! Archereau se rend compte que les piles se déchargent très rapidement et ne peuvent donc pas être utilisées pour un éclairage de longue durée. Il retourne alors à ses recherches et améliore la pile : c’est l’invention de la pile Archereau. Il est l’auteur de plus de 40 brevets.

A deux pas d’ici, c’est la rue du Docteur Lamaze. Mesdames, nous devons beaucoup au neurologue et obstétricien Fernand Lamaze (1891 –  1957).
Il a effectivement développé l’accouchement sans douleur (ASD), également connue sous le nom de technique Lamaze. Cette méthode est basée sur des exercices de relaxation et de respiration. La « technique du petit chien » fait, par exemple, partie de l’ASD.

Nous allons maintenant nous rapprocher du bassin de la Villette et du canal Saint-Martin. Prenons la rue Jomard puis empruntons le pont levant de la rue de Crimée pour se diriger vers rue Alexandre de Humboldt. Ces deux rues prennent les noms de deux géographes, l’un français, l’autre allemand : Edme François Jomard (1777 – 1862) et Alexandre de Humboldt (1769 – 1859).
Jomard s’intéressa particulièrement à l’Egypte. On lui doit notamment un catalogue de hiéroglyphes. Il sera également le premier à créer une classification des objets ethnographiques.
Alexandre de Humboldt avait quant à lui soif de connaissances. Pendant 3 ans, il parcourt les territoires de la Nouvelle Espagne et récolte des milliers d’espèces de plantes et d’animaux. Il procède également à des relevés de température de l’Amazone, du sol et de l’eau, de la pression atmosphérique, de l’inclinaison magnétique, de la longitude et de la latitude de chaque endroit remarquable : « Quel bonheurMa tête en tourne de joie… Quels trésors d’observations vais-je pouvoir faire pour enrichir mon travail sur la construction de la terre. » Il sera considéré comme le Christophe Colomb du XIXe siècle.

Reprenons la rue de Crimée. Une fois à droite, une fois à gauche et nous voici rue Pierre Girard, rendant hommage au physicien Pierre Simon Girard (1765 – 1836). Il fut chargé en 1802 de la direction des travaux de construction du canal de l’Ourcq mais la perte de cette responsabilité quelques années plus tard le pousse à accepter de diriger les travaux pour l’éclairage au gaz de grands théâtres et de plusieurs quartiers de Paris.
500 mètres plus loin, la rue André Danjon fait référence à une des grandes figures de l’astronomie du XXe siècle, André Danjon (1890 – 1967), qui dirigea pendant 18 ans l’observatoire de Paris. Il est l’inventeur de la balance de Danjon, qui permet de mesurer le reflet de la Terre sur la Lune.

En allant vers les Buttes Chaumont, nous croisons la rue Cavendish. Henri Cavendish (1731 – 1810) était un physicien et chimiste anglais. Il est le premier à identifier l’hydrogène comme un élément distinct. A l’époque, il était appelé « air inflammable ». Ce n’est que quelques années plus tard qu’Antoine Lavoisier le nomma hydrogène. Cavendish montre également que ce gaz est 14 fois plus léger que l’air atmosphérique. Il s’intéressera également à l’électricité et au magnétisme, deux sciences naissantes de l’époque. Il doit cependant sa célébrité pour tout autre chose : grâce à une balance dite de torsion, il établit la valeur de la constante de gravitation introduite par Newton.

En contournant le parc des Buttes Chaumont, nous allons prendre tour à tour la rue Eugénie Cotton, la rue Janssen puis la rue du Docteur Potain.
Eugénie Cotton (1881 – 1967) fut reçue première à l’agrégation de sciences physiques. Quelques années plus tard, elle deviendra directrice de l’Ecole Normale Supérieure de Sèvres. Son sentiment que l’égalité entre hommes et femmes était un bienfait nécessaire à la société, fera d’elle une des militantes les plus clairvoyantes et les plus efficaces de la cause féminine. Elle fonde l’Union des Femmes Françaises et devient présidente de la Fédération Démocratique Internationale des Femmes, fonction qu’elle gardera jusqu’à sa mort.
Pierre Jules Janssen (1824 – 1907) est un astronome français. Alors qu’il étudie le rayonnement solaire lors d’une éclipse totale à Guntur, en Inde, il observe une raie jaune brillante dans le spectre du soleil. Le 20 octobre de la même année, l’astronome anglais Norman Lockyer observe également cette raie jaune, et en conclut qu’elle est provoquée par un élément inconnu sur Terre. Il nomme alors cet élément hélium, d’après le terme grec hélios qui désigne le soleil.
Pierre Potain (1825 – 1901) était quant à lui un médecin, spécialiste de la cardiologie. Il s’était donné 3 principes « aider autrui, soigner, comprendre la maladie », auxquels il s’attacha tout au long de sa vie, notamment à l’hôpital Saint-Antoine et à l’hôpital Necker où il exerça.

De l’autre côté du boulevard périphérique, la rue Alexander Fleming et la rue Sigmund Freud nous attendent.
Vous connaissez tous le nom d’Alexander Fleming (1881 – 1955), grand biologiste et pharmacologie britannique. Il découvre le premier antibiotique qui n’est autre que la fameuse pénicilline. Il recevra pour cela le prix Nobel de médecine en 1945.
Sigmund Freud (1856 – 1939) était un médecin neurologue autrichien. Il ouvre un cabinet médical et s’intéresse de plus en plus aux troubles psychiques. Après avoir découvert l’hypnose, il élabore une théorie : c’est le fondement de la psychanalyse, un nouveau moyen de guérir les névroses par l’analyse du psychisme, qu’il définit comme étant à la fois « une méthode d’investigation des processus mentaux, une méthode thérapeutique et une théorie du fonctionnement psychique » . L’inconscience prend une place énorme dans sa théorie. Dans son livre « Interprétation des rêves », il explique que « l’inconscient est le psychisme lui-même » . C’est un maillage d’idées, de perceptions, d’émotions influant sur nos conduites mais qui restent inaperçues par notre conscience.

Au Nord du boulevard périphérique, où nous n’allons pas aller nous aventurer, se trouve l’allée Pierre Mollaret. Pierre Mollaret (1898 – 1987) est un médecin qui a créé l’Ecole française de réanimation et qui a permis ainsi une avancée considérable dans l’évolution des techniques médico-chirurgicales et thérapeutiques.

Nous allons maintenant nous rapprocher de l’arrêt de métro Belleville pour entrer dans le square Jean Rostand. Ce nom, j’en suis sure, vous rappelle celui d’Edmond Rostand, auteur, entre autre, de la merveilleuse pièce, Cyrano de Bergerac. S’il y a des fans de statistiques parmi vous, sachez que c’est la pièce la plus jouée à travers le monde. Et bien, il y a un lien entre ces deux hommes. Jean Rostand (1894 – 1977), biologiste et historien des sciences, n’était autre que son fils. Il aura à cœur tout au long de sa vie de vulgariser la biologie auprès d’un large public. Il est d’ailleurs le fondateur de la section biologie au musée et centre culturel scientifique du Palais de la Découverte.

C’est la fin de notre virée sur les bords de notre si beau Bassin. A l’année prochaine pour de nouvelles aventures scientifiques parisiennes.

Amélie Cabasse

Rendez-vous sur Hellocoton !

Une réflexion au sujet de « Sur les bords de notre si beau bassin »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>